Deux équipes lémaniques reçoivent les prix Leenaards 2026 à l’Université de Lausanne; antiviral HEV-1 promet de freiner épidémies
Deux prix scientifiques Leenaards 2026 - Newsletter de la Faculté de médecine - UNIGE
Deux prix scientifiques Leenaards 2026
haut: Isabella Eckerle, Andrew Azman, Jérôme Gouttenoire. Bottom
bas: Pierre Mégevand, Friedhelm Christoph Hummel, Elena BeanatoElena
La Fondation Leenaards remet ses prix scientifiques 2026 à deux équipes lémaniques. Le premier projet, dirigé parIsabella Eckerle, professeure à la Faculté de médecine de l’UNIGE et directrice duCentre des maladies virales émergentes HUG
UNIGE, avecAndrew Azman(Faculté de médecine UNIGE) et Jérôme Gouttenoire (Faculté de médecine et biologie, UNIL), vise à réduire l’impact du virus de l’hépatite E (de génotype 1) en développant un traitement qui pourrait empêcher sa réplication lors de flambées épidémiques.
Le deuxième projet, mené par Elena Beanato (HUG), avecFriedhelm Christoph Hummel, directeur du Hummel Lab de l’EPFL professeur à la Faculté de médecine de l’UNIGE, etPierre Mégevand,neurologue aux HUG et professeur au Human Neuron Lab de la Faculté de médecine de l’UNIGE, explore une nouvelle approche non invasive pour restaurer les fonctions cognitives après un traumatisme crânien ou en cas d’épilepsie, en visant particulièrement la capacité d’orientation spatiale.
Décrypter le virus de l’hépatite E pour affronter les épidémies
Chaque année, l’hépatite E infecte plus de 20 millions de personnes dans le monde. Elle provoque au moins 44 000 décès, concentrés en Afrique et en Asie, où circule le génotype 1 (HEV-1), responsable de vastes épidémies liées à l’eau contaminée. Chez les femmes enceintes, la mortalité peut atteindre 25% dans certaines de ces régions touchées par l’insuffisance de l’assainissement et des infrastructures sanitaires fragiles. Malgré cet impact considérable, ce virus demeure largement sous-étudié et sous-diagnostiqué. Les outils pour le combattre restent limités, notamment en raison de sa grande stabilité dans l’environnement.
« L’hépatite E est l’une des maladies les plus difficiles à gérer sur le terrain et, en situation d’épidémie, très peu de solutions concrètes existent », déplore Isabella Eckerle. « L’espoir de notre groupe de recherche est d’identifier rapidement des candidats antiviraux afin de disposer, en cas d’épidémie, d’un traitement capable d’aider les personnes atteintes de formes sévères de la maladie.
Présentation du projet en vidéo
Restaurer les fonctions cognitives par la stimulation électrique, sans chirurgie
La navigation spatiale peut être durablement altérée à la suite d’un traumatisme crânien même léger (commotion) ou dans certains cas d’épilepsie. Sans cette fonction essentielle du cerveau, les personnes concernées perdent souvent leurs capacités d’orientation à court ou plus long terme. Parmi les cas de traumatismes crâniens légers à modérés (dans 80% des situations), près de 15% des personnes présentent des troubles persistants à plus de six mois. Elles peuvent alors signaler des difficultés de mémorisation spatiale, de repérage ou des désorientations. « Des gestes simples comme se repérer dans une ville, retrouver son chemin ou mémoriser des trajets pourtant familiers deviennent alors difficiles à réaliser », explique Elena Beanato. À l’heure actuelle, les traitements disponibles restent cependant limités.Pour remédier à cette situation, la chercheuse pilote une équipe transdisciplinaire afin d’explorer une approche innovante: stimuler des régions profondes du cerveau sans recourir à la chirurgie invasive. La technologie utilisée pour y parvenir est la stimulation transcrânienne à interférence temporelle. Elle repose sur deux courants électriques à haute fréquence appliqués à la surface de la tête. « Là où leurs champs se croisent, une modulation se crée en profondeur et peut influencer l’activité des neurones de manière ciblée, notamment dans l’hippocampe, une région clé pour la mémoire et l’orientation.»
Ces deux équipes de recherche, ainsi que les lauréat-es de l’année dernière seront mis à l’honneur lors du Rendez-vous Leenaards sciences & santé 2026, le mercredi 28 octobre prochain à 18h30, à l’Université de Lausanne.