Julia Hernandez développe des tests de performance équitables et axés sur le développement en Suisse; Âge biologique réordonne les classements.
Football: des tests de performance équitables, individualisés et axés sur le développement
InformationsPublié le 12 mai 2026
Football: des tests de performance équitables, individualisés et axés sur le développement
Doctorante au sein du groupe Sciences de l’entraînement de la HEFSM, Julia Hernandez est aussi une footballeuse passionnée. Dans ses recherches, elle s’intéresse à la manière dont les tests de performance peuvent être conçus de façon plus équitable, plus individualisée et plus axée sur le développement des athlètes de la relève du football.
Les enfants et les jeunes se développent physiquement à des rythmes différents. Alors qu’à un âge donné, certains possèdent déjà un corps d’adulte, d’autres entament à peine leur puberté. Ce phénomène impacte les tests de performance sportive, dans la mesure où leurs résultats ne sont pas directement comparables.
Prendre en compte l’âge biologique dans l’évaluation de la performance
Le travail de Julia Hernandez se concentre sur l’encouragement de la relève. Afin d’assurer une plus grande équité dans ce domaine, il est prévu que les tests de performance prennent en considération l’âge biologique des athlètes, et non plus seulement leur âge chronologique. L’idée du projet est née en collaboration avec l’Association suisse de football ASF.
Dans son projet de recherche, elle analyse les performances au sprint sur 10 mètres chez les jeunes élites du football et pose une question cruciale: dans quelle mesure l’âge chronologique fausse-t-il l’évaluation des performances de ces jeunes? En effet, alors que l’âge chronologique ne tient compte que de la date de naissance, l’âge biologique reflète le stade de développement physique d’une jeune personne. C’est précisément entre 10 et 13 ans, lorsque la plupart des jeunes connaissent une poussée de croissance à la puberté, que des jeunes du même âge peuvent présenter un écart biologique de plusieurs années. Cette asymétrie a des conséquences considérables sur la détection et la sélection des talents.
Pour ses recherches, l’ASF a mis à la disposition de la chercheuse une grande quantité de données. Grâce à celles-ci, elle a pu analyser à quel stade de développement physique les jeunes joueurs et joueuses se trouvaient à un moment donné. Elle s’est ensuite intéressée à l’évolution de leur performance au sprint sur 10 mètres en prenant en considération leur âge biologique et non leur âge chronologique. Julia Hernandez a ainsi étudié comment l’évolution des performances au fil des ans peut montrer d’autres résultats lorsque l’on prend en compte le développement physique individuel des jeunes joueurs et joueuses.
Vers un encouragement de la relève plus efficace
Les résultats de ses recherches sont sans équivoque: prendre en compte l’âge biologique modifie considérablement l’évaluation des performances des jeunes élites du football. Les joueurs et joueuses ayant un développement tardif ont nettement amélioré leur classement lorsque leurs performances au sprint ont été évaluées par rapport à leur âge biologique. En revanche, les jeunes ayant un développement précoce ont été classés de manière plus réaliste et ont parfois perdu jusqu’à plusieurs places dans le classement, quittant un rang obtenu principalement grâce à leur développement physique plus avancé.
Grâce à ses recherches, Julia Hernandez a également pu montrer à quel point l’évolution des performances des jeunes talents au fil des ans varie d’un individu à l’autre. Certains progressent rapidement et d’autres plus lentement, quel que soit leur niveau de départ. L’étude de ces variations permet en outre de constater un phénomène intéressant: les joueurs et joueuses dont les performances au sprint étaient initialement plus faibles ont souvent enregistré des gains de performance plus importants que les jeunes déjà très rapides.
Ces résultats revêtent une importance cruciale pour l’encouragement des jeunes talents dans le football suisse: la prise en compte de l’âge biologique permet d’évaluer les jeunes joueurs et joueuses de manière plus équitable. Si les tests tiennent compte de leur développement physique individuel, les talents qui se révèlent tardivement ont aussi l’opportunité de rester dans le système d’encouragement de la relève. De son côté, la fédération dispose ainsi d’une base décisionnelle plus précise pour promouvoir les jeunes talents de manière ciblée.
À propos de la doctorante
Julia Hernandez a obtenu son master de recherche en sciences du sport à l’Université de Berne. Après divers stages et postes de collaboratrice scientifique, elle effectue actuellement un travail de doctorat à la HEFSM de Macolin et à l’Université de Fribourg.
Portrait de Julia Hernandez, base de données des projets et des publications HEFSM
Improving longitudinal performance assessment of youth soccer players: 10 m sprint percentile curves adapted to biological age, Taylor & Francis
Interviews, vidéos et articles invités12 janvier 2024
Mieux détecter et encourager les jeunes talents du football
Entre 11 et 18 ans, les enfants et les jeunes ne se développent pas tous au même rythme. C’est la raison pour laquelle la Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM a réalisé, en collaboration avec Swiss Olympic et l’Association suisse de football (ASF), une étude sur le format de jeu appelé bio-banding. L’ASF l’utilise actuellement pour faire en sorte qu’aucun talent ne passe plus inaperçu.
Les sciences de l’entraînement identifient et développent les talents et assurent le développement de la performance sur le long terme.
Davantage d’informations sur «Mieux détecter et encourager les jeunes talents du football»
Davantage d’informations sur «Sciences de l’entraînement»