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title: "COJOJ Dakar 2026 organise JOJ; premier JOJ africain"
sdDatePublished: "2026-08-03T13:38:00Z"
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COJOJ Dakar 2026 organise JOJ; premier JOJ africain

Dakar 2026 - Une page d’histoire

Les usagers qui empruntent la gare de Colobane à Dakar passent devant une fresque difficile à manquer. Haute de sept mètres et longeant une passerelle très fréquentée, elle offre un rappel coloré de l’arrivée imminente des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et des jeunes qu’ils visent à inspirer.

Créée par deux artistes urbaines de talent, Zeinixx et Kathrina Rupit, cette peinture murale qui réunit trois générations d’athlètes sénégalaises accroche l’oeil. Les deux premières sont immédiatement reconnaissables par les passants : Julie Marie Gomis est une pionnière, un modèle pour le pays depuis 1976, lorsqu’elle est devenue la première Sénégalaise à disputer les Jeux Olympiques. Elle est accompagnée de Combé Seck, la spécialiste du canoë sprint et porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture de Paris 2024.

Au sommet de cette fresque monumentale trône Tening Faye, l’adolescente qui incarne la nouvelle génération du sport sénégalais. Un futur qui connaîtra un véritable tournant lors des JOJ de Dakar 2026. Par cet événement, le Sénégal deviendra la première nation africaine à organiser un événement olympique.

En 2025, à l’âge de 15 ans, Tening Faye est devenue la première Sénégalaise à remporter une médaille aux Championnats du monde cadets de taekwondo, en s’emparant du bronze dans la catégorie -44 kg pour sa première participation à une compétition de ce calibre.

Deux ans plus tôt, Tening Faye n’avait jamais pratiqué de taekwondo. C’est une amie qui lui a donné l’envie de s’y essayer.

« [Mon amie] passait devant chez moi pour se rendre aux entraînements et, à chaque fois, j’avais envie de me joindre à elle, explique la championne. Alors ma mère a parlé à l’entraîneur et c’est comme ça que ma carrière a commencé. C’était très difficile au début, parce que je ne maîtrisais pas les coups de pied. Mais l’entraîneur a quand même réussi à me faire progresser. »

La progression fulgurante de la jeune athlète lui a permis de monter sur le podium des Championnats du monde cadets. Elle espère reproduire l’exploit dans son propre pays à l’occasion des JOJ. Son ambition reflète l’enthousiasme grandissant qui règne au Sénégal et dans toute l’Afrique, à l’approche de ce moment historique.

« Une déclaration de foi »

« Lorsque le Comité International Olympique a désigné le Sénégal en 2018, il a placé sa confiance non seulement dans un pays, mais dans tout un continent », déclare Ibrahima Wade, coordinateur général du comité d’organisation de Dakar 2026 (COJOJ).

« Notre devise, “L’Afrique accueille, Dakar célèbre”, reflète cette responsabilité collective : ce ne sont pas uniquement les JOJ de Dakar, mais un tournant pour l’ensemble de l’Afrique. »

Cette étape historique verra concourir près de 2 700 athlètes issus de tous les Comités Nationaux Olympiques pendant les 14 jours de compétition. Les épreuves se répartiront entre Dakar, Diamniadio, une ville à l’essor rapide située à environ 30 kilomètres à l’est de la capitale sénégalaise, et Saly, une station balnéaire à 80 kilomètres au sud.

« C’est réellement monumental », souligne Humphrey Kayange, membre du CIO et président de la commission de coordination du CIO pour Dakar 2026. « Accueillir les Jeux au nom d’un continent, c’est quelque chose.

Mais cela va bien au-delà de l’accueil des Jeux. C’est une déclaration de foi en une immense opportunité pour l’Afrique et en sa capacité à jouer un rôle moteur dans ce domaine. »

Plusieurs événements sportifs majeurs se sont déjà déroulés sur le continent, à commencer par la Coupe du monde de rugby en 1995 et la Coupe du monde de cricket en 2003. Un changement d’échelle s’est ensuite produit avec la Coupe du monde de la FIFA en 2010, qui a démontré la capacité de l’Afrique à accueillir un événement planétaire. D’autres tournois comme les Jeux africains et la Coupe d’Afrique des Nations ont renforcé l’expérience sur l’ensemble du continent en termes d’organisation, d’infrastructures et de livraison.

Dakar 2026 s’appuie sur ces fondations, tout en mettant l’accent sur l’utilisation du sport pour soutenir le développement sur le long terme. Environ 75 % de la population du Sénégal a moins de 35 ans : Dakar 2026 place donc les jeunes au cœur de son approche, en lançant de nombreux programmes en amont des JOJ, avec pour objectif d’améliorer l’accès au sport et de leur créer des opportunités.

« Les jeunes ne sont pas seulement un public pour ces Jeux : ils sont au cœur de leur organisation », explique Ibrahima Wade.

Dans le cadre de l’initiative « Jeunesse en Jeux », jusqu’à 300 000 jeunes vivront les Jeux Olympiques de la Jeunesse, comme spectateurs et comme participants à des activités sportives, culturelles et éducatives. Cette approche s’appuie sur des initiatives qui ont déjà mobilisé plus de 480 000 jeunes à travers tout le pays.

L’une des plus ambitieuses est le Brevet olympique, civique et sportif, un plan national d’éducation fondé sur les valeurs olympiques conçu pour mobiliser 900 000 élèves dans 11 000 écoles d’ici le début des JOJ en octobre. L’initiative « Kids’ Olympic Skills » offre aussi aux jeunes de 6 à 18 ans la possibilité de s’essayer à un large éventail de sports pour développer l’intérêt et la pratique au niveau amateur.

Dans le même temps, Dakar 2026 investit dans la formation de jeunes professionnels à travers la Learning Academy qui forme des centaines de jeunes Sénégalais et Africains à la gestion du sport et d’événements.

Un grand nombre d’entre eux devrait jouer un rôle dans la livraison des JOJ, créant un lien entre l’engagement de la jeunesse et l’organisation de l’événement lui-même.

D’autres domaines sont explorés par ces initiatives : 15 aspirants journalistes ont été sélectionnés pour le programme des jeunes reporters du CIO, avec notamment six jeunes originaires d’Afrique, dont trois du Sénégal. D’autre part, huit membres des jeunes leaders du CIO seront à Dakar pour mener des activités sportives à destination des jeunes athlètes et des communautés locales.

Le programme des volontaires, dénommé « Jambaar26 », a également suscité un vif intérêt, avec plus de 14 000 candidatures reçues de 115 pays pour plus de 5 000 places. Ces chiffres soulignent l’enthousiasme à l’échelle locale et internationale.

« Les JOJ sont une invitation pour chaque jeune Sénégalais, indépendamment de son expérience sur un terrain ou dans une piscine, ajoute Ibrahima Wade. Grâce au programme à destination des écoles, aux bénévoles et à la Learning Academy, c’est toute une génération qui aura l’occasion de s’impliquer en tant qu’acteur plutôt que spectateur. »

De nouvelles générations, de nouveaux sports

Ces initiatives – parmi d’autres – reflètent l’objectif plus large de Dakar 2026 d’utiliser les JOJ comme un catalyseur pour le développement de la jeunesse, avec des programmes qui dépassent le cadre du sport, pour soutenir la formation et l’inclusion sociale au Sénégal et dans l’ensemble de la région.

L’une de ses incarnations les plus visibles est Dakar en Jeux, un festival annuel lancé en 2022 qui mobilise les communautés locales, promeut un mode de vie sain et stimule l’enthousiasme jusqu’aux JOJ.

Organisée dans les villes hôtes de Dakar 2026, cette initiative conjugue chaque année sport et culture à travers un programme d’activités qui inclut initiations sportives, démonstrations, concerts et performances artistiques. Des milliers de jeunes ont déjà participé à cet événement destiné à promouvoir l’activité physique, avec des ateliers dédiés à l’éducation, à la santé et au bien-être.

Les festivals ont également été l’occasion de faire découvrir de nouveaux sports aux habitants de la région. Le BMX, le skateboard, le futsal et d’autres sports à roulettes ont été mis à l’honneur aux côtés de disciplines plus traditionnelles, offrant aux jeunes la chance d’essayer un grand éventail de sports, y compris ceux inscrits au programme de Dakar 2026.

La place centrale de la culture

Le festival Dakar en Jeux a mis l’accent sur l’expression culturelle : musique, danse et art urbain ont joué un rôle central dans chaque édition. L’objectif est de refléter l’identité du Sénégal, tout en créant un lien entre les Jeux et les communautés qui les accueilleront.

Cette célébration de la culture sera également visible durant les Jeux, avec une place spéciale accordée au concept sénégalais de teranga, un mot wolof incarnant l’hospitalité, la générosité et l’esprit de communauté qui caractérisent la vie quotidienne dans le pays.

Cet esprit marquera les JOJ pour les athlètes et les visiteurs, car les organisateurs cherchent à créer un environnement qui reflète l’ouverture d’esprit et la convivialité du Sénégal.

"Teranga" : l'hymne de Dakar 2026 célèbre l'hospitalité sénégalaise et le pouvoir du sport

« La teranga, tradition sénégalaise d’hospitalité et de générosité, n’est pas un simple concept de communication, précise Ibrahima Wade. C’est une réalité du quotidien et les Jeux ont été conçus pour que chaque visiteur la ressente dès son arrivée. »

Pour les jeunes athlètes, ce concept sera visible au village olympique de la jeunesse, où ils rencontreront des artisans locaux, découvriront des jeux traditionnels et s’initieront aux danses et instruments de percussion d’Afrique de l’Ouest, comme le sabar et le djembé.

Sur les sites de compétition, des performances culturelles accueilleront chaque délégation, tandis que le projet « Yeesal » – « renouveau » en wolof – transforme le paysage urbain de Dakar, Diamniadio et Saly en galerie à ciel ouvert, avec de grandes fresques dessinées par des artistes locaux et inspirées par les valeurs olympiques. L’une d’entre elles met à l’honneur Tening Faye, Combé Seck et Julie Marie Gomis à la gare de Colobane.

L’accent mis sur l’identité locale et l’engagement de la jeunesse se reflète dans la conception même de ces Jeux. Pour Dakar 2026, le CIO a adopté une nouvelle approche pour le programme des sports des JOJ, en adaptant davantage chaque édition en fonction de son pays ou de sa région hôte. Dakar 2026 sera la première édition à bénéficier de ce modèle, avec un programme personnalisé, développé en collaboration étroite entre le COJOJ et les Fédérations Internationales (FI).

Cette approche s’écarte d’un format fixe, permettant à chaque édition des JOJ de refléter les priorités et opportunités locales, tout en maintenant son rôle de compétition multisports de haut niveau.

Pour Dakar 2026, cela signifie l’inclusion de 25 sports au programme de compétition, ainsi que dix sports intégrés dans un nouveau programme d’engagement. Si les sports de compétition suivront un format traditionnel, ceux d’engagement sont conçus pour offrir aux jeunes des communautés hôtes la possibilité de découvrir et d’essayer de nouvelles disciplines.

« Nous savons que certains sports ne sont pas encore très connus en Afrique, explique Ibrahima Wade. Nous voulions donc offrir aux FI l’occasion de les présenter. »

Ces sports d’engagement seront mis à l’honneur à travers des démonstrations, des activités et des expériences de type festival, permettant aux jeunes de la région d’y prendre part directement, au lieu de se contenter de les regarder. L’objectif est de susciter l’intérêt et la participation à des sports encore peu présents au Sénégal ou dans la région.

« Notre espoir en matière d’héritage est que les jeunes gens les découvrent et que ces sports continuent de grandir après les JOJ », souligne Ibrahima Wade.

« C’est au coeur de notre approche, ajoute Humphrey Kayange. Adapter le programme sportif au contexte local garantit que les JOJ restent pertinents, tout en conservant leur rôle de tremplin vers le sport de haut niveau. »

La philosophie derrière le programme des sports s’étend bien au-delà de la compétition : Dakar 2026 vise à soutenir le développement d’un écosystème sportif plus large au Sénégal et dans l’ensemble de l’Afrique. « La pratique sportive est déjà très populaire en Afriq