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title: "Start-ups EPFL s’allient à grandes entreprises en Suisse; accélération du développement et accès à des marchés internationaux"
sdDatePublished: "2026-08-12T10:09:00Z"
source: "https://actu.epfl.ch/news/les-start-up-s-allient-aux-entreprises-pour-acce-2/"
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Start-ups EPFL s’allient à grandes entreprises en Suisse; accélération du développement et accès à des marchés internationaux

Les start-up s'allient aux entreprises pour accélérer leur croissance - EPFL

Les start-up s'allient aux entreprises pour accélérer leur croissance

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Jamani Caillet - CC-BY-SA 4.0

Les partenariats stratégiques entre start-up et grandes entreprises permettent parfois de gagner plusieurs années de développement. Des spin-off nous expliquent.

Chaque année, près de 250 start-up voient le jour en Suisse, dont une trentaine en moyenne à l'EPFL. Si plus de neuf spin-off sur dix sont encore actifs cinq ans après leur création, le véritable défi commence souvent à ce moment-là : transformer une innovation prometteuse en une scale-up , une entreprise capable de produire, vendre et se développer durablement à grande échelle . Si l’argent obtenu grâce aux levées de fonds constitue un levier essentiel, leur évolution s’appuie aussi sur l'accès à des marchés, à des données, à des infrastructures ou encore à un réseau international. Pour de nombreuses jeunes pousses, les partenariats avec de grandes entreprises constituent un tremplin capable de leur faire gagner des années, voire une condition sine qua non dans leur développement. « Ils montrent également que les innovations développées à l’EPFL intéressent des acteurs majeurs à l’échelle internationale », avance Isabel Casado, responsable du Startup Launchpad de l’EPFL, qui constate une augmentation de ces accords. Un intérêt partagé puisque les partenaires accèdent rapidement à des technologies émergentes sans en supporter seuls les risques tout en explorant, selon les cas, de nouveaux marchés ou modèles d'affaires.

Spécialisée dans les interfaces cerveau-machine, Neurosoft Bioelectronics a annoncé en février 2026 un partenariat avec l’entreprise américaine Science Corporation, qui lui donne accès à des capacités d’ingénierie clinique dans le domaine des implants neuronaux. « En résumé, Science Corporation nous donne accès aux briques technologiques complémentaires, soit à tout ce qui permet de connecter nos implants pour qu’ils fonctionnent de manière optimale pour le patient ou la patiente, explique Nicolas Vachicouras, CEO. Si nous devions développer seuls l’ensemble de cette technologie, il nous faudrait probablement deux à trois ans de plus et près de 200 millions de dollars de financement additionnel ».

Si certaines collaborations permettent d'accélérer le développement d'une technologie, d'autres ouvrent l'accès à une ressource devenue essentielle avec l’essor de l’IA: les données. La plateforme de Tune Insight permet aux hôpitaux d'analyser conjointement leurs données sans que ces dernières ne quittent les serveurs de l’institution dont elles proviennent. « Les établissements peuvent ainsi collaborer entre eux et avec des industriels sans renoncer à leur souveraineté ni à la confidentialité des informations de leurs patientes et patients », résume Frédéric Pont, co-fondateur et COO de la start-up. Un partenariat stratégique conclu en février 2026 avec le groupe français Softway Medical, spécialiste des logiciels pour les établissements de santé, permet aux hôpitaux avec lesquels il est sous contrat d’utiliser la plateforme de la start-up. En contrepartie, Tune Insight enrichit son réseau de ces nouvelles données afin d’améliorer son offre et d’augmenter encore la valeur de sa plateforme. « D’autres accords de ce type sont en préparation dans d’autres pays européens », souligne le CEO.

Cette logique dépasse le seul domaine de la santé : la start-up DemoSquare, fondée en 2023, développe une plateforme d’intelligence politique et réglementaire. « Notre outil agrège et analyse des données afin d’aider les entreprises à anticiper les changements législatifs et réglementaires », explique Victor Kristof, CEO. Pour enrichir sa plateforme, l’entreprise s’est notamment associée cette année à Keystone-ATS en Suisse et Euractiv, en Europe afin d’intégrer des contenus médiatiques et politiques en temps réel à ses analyses. « Cela nous permet d’accéder à une quantité de données impossible à réunir de manière indépendante, tout en renforçant notre crédibilité auprès de nos clientes et clients ». Pour ses partenaires, l’intérêt est inverse, mais complémentaire : enrichir leur propre offre grâce aux outils d’analyse développés par la start-up.

Lorsqu’une grande entreprise choisit de travailler avec une jeune pousse, elle envoie également un signal fort au marché : la technologie a été examinée, testée, et jugée suffisamment solide pour entrer dans un projet concret. « Être associé à un acteur reconnu montre que la technologie a passé un premier filtre », confirme Isabel Casado. Cette reconnaissance ouvre des portes à l’international, facilite l’accès à de premiers clientes et clients et rassure des investisseurs qui hésiteraient à s’engager avec une entreprise encore jeune. Le partenariat annoncé entre Timeline et Lancôme illustre cette stratégie. En intégrant sa molécule Mitopure dans une nouvelle gamme de soins de la marque française, Timeline bénéficie d'un accès immédiat au savoir-faire industriel, marketing et commercial d'un leader mondial des cosmétiques.

La réussite de ces collaborations repose autant sur la complémentarité technologique que sur la capacité à clarifier les droits de chacun dès le départ

Quelques mois après l’annonce de son partenariat avec Science Corporation, Neurosoft Bioelectronics a par ailleurs bouclé une levée de fonds de 7,5 millions de dollars avec des investisseurs externes, destinée à accélérer le développement de sa plateforme d’interfaces cerveau-machine.

Les partenariats ne sont toutefois pas sans risque. Une grande entreprise peut imposer son rythme ou ses exigences contractuelles. « Il faut éviter qu'un partenariat limite la capacité de la start-up à se développer à sa manière », rappelle Isabel Casado. La propriété intellectuelle est aussi un point sensible. « La réussite de ces collaborations repose autant sur la complémentarité technologique que sur la capacité à clarifier les droits de chacun dès le départ », ajoute Andrea Crottini, responsable de l’Office de transfert de technologie à l’EPFL.

Office de transfert de technologie

Chaque année, près de 250 start-up voient le jour en Suisse, dont une trentaine en moyenne à l'EPFL. Si plus de neuf spin-off sur dix sont encore actifs cinq ans après leur création, le véritable défi commence souvent à ce moment-là : transformer une innovation prometteuse en une scale-up , une entreprise capable de produire, vendre et se développer durablement à grande échelle . Si l’argent obtenu grâce aux levées de fonds constitue un levier essentiel, leur évolution s’appuie aussi sur l'accès à des marchés, à des données, à des infrastructures ou encore à un réseau international. Pour de nombreuses jeunes pousses, les partenariats avec de grandes entreprises constituent un tremplin capable de leur faire gagner des années, voire une condition sine qua non dans leur développement. « Ils montrent également que les innovations développées à l’EPFL intéressent des acteurs majeurs à l’échelle internationale », avance Isabel Casado, responsable du Startup Launchpad de l’EPFL, qui constate une augmentation de ces accords. Un intérêt partagé puisque les partenaires accèdent rapidement à des technologies émergentes sans en supporter seuls les risques tout en explorant, selon les cas, de nouveaux marchés ou modèles d'affaires. Les données indispensables Spécialisée dans les interfaces cerveau-machine, Neurosoft Bioelectronics a annoncé en février 2026 un partenariat avec l’entreprise américaine Science Corporation, qui lui donne accès à des capacités d’ingénierie clinique dans le domaine des implants neuronaux. « En résumé, Science Corporation nous donne accès aux briques technologiques complémentaires, soit à tout ce qui permet de connecter nos implants pour qu’ils fonctionnent de manière optimale pour le patient ou la patiente, explique Nicolas Vachicouras, CEO. Si nous devions développer seuls l’ensemble de cette technologie, il nous faudrait probablement deux à trois ans de plus et près de 200 millions de dollars de financement additionnel ». Si certaines collaborations permettent d'accélérer le développement d'une technologie, d'autres ouvrent l'accès à une ressource devenue essentielle avec l’essor de l’IA: les données. La plateforme de Tune Insight permet aux hôpitaux d'analyser conjointement leurs données sans que ces dernières ne quittent les serveurs de l’institution dont elles proviennent. « Les établissements peuvent ainsi collaborer entre eux et avec des industriels sans renoncer à leur souveraineté ni à la confidentialité des informations de leurs patientes et patients », résume Frédéric Pont, co-fondateur et COO de la start-up. Un partenariat stratégique conclu en février 2026 avec le groupe français Softway Medical, spécialiste des logiciels pour les établissements de santé, permet aux hôpitaux avec lesquels il est sous contrat d’utiliser la plateforme de la start-up. En contrepartie, Tune Insight enrichit son réseau de ces nouvelles données afin d’améliorer son offre et d’augmenter encore la valeur de sa plateforme. « D’autres accords de ce type sont en préparation dans d’autres pays européens », souligne le CEO. Cette logique dépasse le seul domaine de la santé : la start-up DemoSquare, fondée en 2023, développe une plateforme d’intelligence politique et réglementaire. « Notre outil agrège et analyse des données afin d’aider les entreprises à anticiper les changements législatifs et réglementaires », explique Victor Kristof, CEO. Pour enrichir sa plateforme, l’entreprise s’est notamment associée cette année à Keystone-ATS en Suisse et Euractiv, en Europe afin d’intégrer des contenus médiatiques et politiques en temps réel à ses analyses. « Cela nous permet d’accéder à une quantité de données impossible à réunir de manière indépendante, tout en renforçant notre crédibilité auprès de nos clientes et clients ». Pour ses partenaires, l’intérêt est inverse, mais complémentaire : enrichir leur propre offre grâce aux outils d’analyse développés par la start-up. Lorsqu’une grande entreprise choisit de travailler avec une jeune pousse, elle envoie également un signal fort au marché : la technologie a été examinée, testée, et jugée suffisamment solide pour entrer dans un projet concret. « Être associé à un acteur reconnu montre que la technologie a passé un premier filtre », confirme Isabel Casado. Cette reconnaissance ouvre des portes à l’international, facilite l’accès à de premiers clientes et clients et rassure des investisseurs qui hésiteraient à s’engager avec une entreprise encore jeune. Le partenariat annoncé entre Timeline et Lancôme illustre cette stratégie. En intégrant sa molécule Mitopure dans une nouvelle gamme de soins de la marque française, Timeline bénéficie d'un accès immédiat au savoir-faire industriel, marketing et commercial d'un leader mondial des cosmétiques. La réussite de ces collaborations repose autant sur la complémentarité technologique que sur la capacité à clarifier les droits de chacun dès le départ Andrea Crottini, responsable de l’Office de transfert de technologie à l’EPFL Quelques mois après l’annonce de son partenariat avec Science Corporation, Neurosoft Bioelectronics a par ailleurs bouclé une levée de fonds de 7,5 millions de dollars avec des investisseurs externes, destinée à accélérer le développement de sa plateforme d’interfaces cerveau-machine. Trouver le bon équilibre Les partenariats ne sont toutefois pas sans risque. Une grande entreprise peut imposer son rythme ou ses exigences contractuelles. « Il faut éviter qu'un partenariat limite la capacité de la start-up à se développer à sa manière », rappelle Isabel Casado. La propriété intellectuelle est aussi un point sensible. « La réussite de ces collaborations repose autant sur la complémentarité technologique que sur la capacité à clarifier le