Le Conseil fédéral Suisse oppose l’introduction d’une assurance perte de gain obligatoire en cas de maladie; Protection insuffisante pour salariés malades

Le Conseil fédéral plie devant le lobby des assurances

Le Conseil fédéral plie devant le lobby des assurances

Rapport du Conseil fédéral sur l’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie

Le Conseil fédéral refuse de mieux protéger les salarié-e-s malades. Dans un rapport publié aujourd’hui en réponse à un postulat, il s’oppose à l’introduction d’une assurance perte de gain obligatoire en cas de maladie. L’Union syndicale suisse (USS) dénonce vivement cette décision. Les absences pour maladie durent de plus en plus longtemps, notamment en raison de l’augmentation du stress, de l’intensification du travail et de l’effacement croissant des frontières entre travail et vie privée. Toute personne qui ne peut pas travailler pour cause de maladie doit pouvoir compter sur un revenu de substitution garanti par la loi.

Les salarié-e-s absent-e-s quelques jours pour cause de maladie continuent en principe de percevoir leur salaire de la part de leur employeuse ou employeur. En cas d’incapacité de travail prolongée, la plupart touchent des indemnités journalières. Mais dans les deux cas, de graves lacunes subsistent, notamment lors d’un changement d’emploi, d’un licenciement, en cas de maladie de longue durée ou dans les formes d’emploi atypiques. La Suisse demeure l’un des rares pays d’Europe à ne pas connaître à ce jour d’assurance obligatoire d’indemnités journalières en cas de maladie.

Les premières victimes de ces lacunes sont les salarié-e-s, qui risquent de perdre non seulement leur revenu, mais aussi une partie de leur protection sociale. Les employeuses et employeurs qui occupent des femmes, des personnes atteintes de maladies chroniques ou ayant souffert par le passé d’une maladie grave peuvent en outre se voir refuser sans raison une couverture par les assureurs privés ou être confrontés à des primes exorbitantes. Pendant ce temps, les assurances privées réalisent de confortables bénéfices grâce à des primes excessives. Une couverture collective et obligatoire des risques coûte moins cher et protège mieux. La Suva en est l’illustration concrète.

Le rapport du Conseil fédéral cautionne ainsi la réalisation de bénéfices privés par le lobby des assurances sur le dos des salarié-e-s malades. De toute évidence, le Conseil fédéral a plié devant ce lobby. Comment expliquer autrement que le rapport passe sous silence l’importance sociale d’un revenu de substitution garanti en cas de maladie, précisément dans les situations où la protection est aujourd’hui lacunaire ? Le rapport repose en outre sur une étude dont les données sont insuffisantes et la portée limitée.

L’USS continuera de se battre pour l’introduction d’une assurance obligatoire légale d’indemnités journalières en cas de maladie. D’ici là, les conventions collectives de travail restent indispensables pour garantir une véritable protection sociale aux salarié-e-s malades.

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