VIOLENCE QUE FAIRE lance campagne sur les violences conjugales chez les seniors en Suisse; 20% des féminicides touchent les seniors
Violences conjugales : les seniors aussi concernés - Diaconie Suisse
Violences conjugales : les seniors aussi concernés
Août 25, 2026 | Magazine - Featured
Contrairement à ce que l’on s’imagine parfois, la violence conjugale n’a pas d’âge. Elle concerne en effet aussi les seniors : au cours de la dernière décennie, 20% des victimes de féminicides en Suisse avaient l’âge de la retraite. Une campagne vise à mieux faire comprendre cette problématique.
Quand on parle de violences au sein du couple, on pense rarement aux personnes âgées. Pourtant, la violence conjugale n’a pas d’âge. Qu’elles soient psychologiques, physiques, sexuelles ou économiques, les violences peuvent être présentes depuis de nombreuses années ou apparaître plus tard dans la vie, La retraite, la dépendance, une mobilité réduite, l’isolement ou un parcours migratoire peuvent rendre la recherche d’aide plus difficile, explique VIOLENCE QUE FAIRE, association, qui vise à prévenir la violence au sein du couple.
Dans deux tiers des cas, les victimes seniors de féminicides ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Face à cette réalité encore largement invisibilisée, l’association lance une campagne dédiée aux violences conjugales chez les seniors, afin de mieux faire connaître cette problématique, aider à reconnaître les différentes formes de violence et rendre les ressources d’aide plus accessibles aux personnes concernées et à leur entourage.
L’association propose sur son site internet une nouvelle rubrique « Violences & seniors » qui aborde les réalités spécifiques vécues par les personnes âgées. Une étude du centre de compétence national Vieillesse sans Violence souligne l’importance de mieux connaître ces obstacles et les ressources spécifiques aux seniors, afin de favoriser la sortie de la violence et de permettre aux professionnel-les et à l’entourage de mieux détecter ces situations.
Certaines personnes ont grandi avec l’idée qu’un mariage doit durer toute la vie, que les problèmes de couple doivent rester dans la famille ou encore qu’il ne faut pas “dire du mal” de son ou sa partenaire. Ces croyances peuvent rendre plus difficile le fait de reconnaître les violences et d’en parler. Des aspects générationnels et culturels peuvent également impacter la définition de ce qu’est la violence sexuelle, voire l’invisibiliser.
Beaucoup de personnes ont par ailleurs grandi avec l’idée que le mariage ou le simple fait d’être en couple constitue un consentement et un engagement à des rapports sexuels. La notion du devoir conjugal est largement répandue, et a pour effet de normaliser, voire de banaliser le viol, relève encore l’association.
Les liens sociaux sont essentiels dans la protection contre un contrôle coercitif et sont souvent visés par l’auteur·e qui exerce ce contrôle pour isoler davantage la personne victime et renforcer son emprise. L’isolement social constitue ainsi un important facteur de risque et de vulnérabilité.
VIOLENCE QUE FAIRE souligne la légitimité qu’il y a à se questionner ou à parler si certains comportements mettent mal à l’aise, vous font peur, isolent ou donnent le sentiment de ne plus pouvoir décider librement. Il est possible aussi de chercher de l’aide si ses propres comportements ou ceux d’une personne de son entourage inquiètent.
La campagne s’accompagne également d’un nouvel épisode du podcast Poussière , consacré aux violences conjugales chez les seniors. Geneviève et Carolina y témoignent anonymement de violences conjugales vécues ou observées au sein de leur famille. Leurs récits sont éclairés par Delphine Roulet Schwab, docteure en psychologie et présidente du Centre de compétence national Vieillesse sans violence.
Depuis juin dernier, VIOLENCE QUE FAIRE sensibilise également le public à cette thématique à travers une campagne menée sur ses réseaux sociaux. Des flyers de sensibilisation consacrés aux violences conjugales chez les seniors sont par ailleurs disponibles gratuitement pour les institutions, professionnel-le-s-x, associations et toute personne souhaitant sensibiliser son public ou son entourage.
Sur le site de l’association, des professionnel-le-s-x répondent personnellement et de manière anonyme aux personnes concernées par les violences au sein du couple, ainsi qu’à leur entourage. Parler de ces violences, mieux les reconnaître et faire connaître les ressources existantes contribue à les rendre moins invisibles. VIOLENCE QUE FAIRE est une association romande sans but lucratif et reconnue d’utilité publique. L’association s’engage auprès de toute personne vivant en Suisse et confrontée à la violence au sein du couple, qu’elle soit victime, auteure, personne de l’entourage (proche et professionnel-l-e-x-s) ou témoin et quel que soit son âge ou son orientation sexuelle.