Suisse et Pharmakina SA lancent le projet SEEDS dans l’est de la RDC; 9,3 millions de plantules distribuées
Partenariat entre secteur public et privé en contexte fragile : C’est possible !
Informations Publié le 1 septembre 2026
Partenariat entre secteur public et privé en contexte fragile : C’est possible !
Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la Suisse s’associe à Pharmakina SA dans le cadre d’un projet visant à améliorer les revenus et les conditions de vie de 2’000 petits producteurs de quinquina, dont l’écorce sert à produire la quinine utilisée dans le traitement du paludisme. Le projet renforce leur accès au marché, encourage une agriculture durable et facilite l’accès à des services de santé de base.
Un partenariat ancré dans les réalités locales
Dans l’est de la RDC, de nombreux petits producteurs vivent d’une agriculture de subsistance. L’insécurité, l’isolement des zones rurales, le mauvais état des infrastructures et l’accès limité aux marchés, aux intrants de qualité et aux services de base fragilisent leurs revenus. Dans ce contexte, la Direction du développement et de la coopération (DDC) met en œuvre, en partenariat avec Pharmakina SA, le projet SEEDS (Sustainable Empowerment and Economic Development of Smallholder Farmers), une initiative destinée à mieux intégrer 2000 petits producteurs de quinquina dans la filière et renforcer leur accès au marché et aux services de base. Pharmakina est une entreprise pharmaceutique implantée depuis plus de 80 ans à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Elle transforme l’écorce du quinquina, une plante cultivée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, pour produire de la quinine, utilisée notamment dans le traitement du paludisme et comme ingrédient de certaines boissons toniques. Cette maladie continue d’avoir un impact majeur sur la mortalité dans la région, ce qui fait de la filière du quinquina un enjeu à la fois sanitaire et économique.
Depuis 2023, l’entreprise est majoritairement détenue par AlphaTalents Africa, un investisseur d’impact suisse. Celui-ci soutient la transformation de l’entreprise vers un modèle qui associe viabilité économique et bénéfices sociaux et environnementaux, notamment à travers un approvisionnement plus direct auprès des petits producteurs de quinquina, une meilleure traçabilité des produits et l’intégration de standards sociaux et environnementaux dans les activités de l’entreprise. Le projet SEEDS s’inscrit dans cette dynamique. Il associe l’expérience de la DDC en matière de coopération au développement, l’ancrage local et l’expertise de Pharmakina, ainsi que la vision à long terme de son actionnaire majoritaire. Cette complémentarité permet de renforcer une filière essentielle pour la santé tout en créant des perspectives économiques durables dans un contexte fragile.
Le projet vise à intégrer plus directement 2’000 petits producteurs dans la filière du quinquina, dont au moins la moitié seront des femmes. Vingt centres de collecte doivent faciliter la vente directe des écorces à Pharmakina. En réduisant le nombre d’intermédiaires et les frais de transport, cette approche doit permettre aux producteurs d’obtenir une rémunération plus équitable et de mieux sécuriser leurs débouchés. Deux serres permettront de produire 9,3 millions de plantules de quinquina, qui seront remis gratuitement aux producteurs pour être cultivés sur leurs parcelles. Les producteurs bénéficieront également de formations en agriculture durable afin d’améliorer la productivité et la qualité de leurs cultures, tout en renforçant leur résistance aux chocs climatiques.
Diversifier les revenus et renforcer les services de base
Le quinquina nécessite six à sept ans avant de pouvoir être récolté. Pour offrir des revenus plus réguliers aux ménages, le projet encouragera donc la culture intercalaire du gingembre. Des semences seront distribuées à 1’500 producteurs, qui pourront ainsi diversifier leur production et réduire leur dépendance à une seule culture.
Grâce au centre d’excellence d’Idjwi, les producteurs pourront se former à des pratiques agricoles durables, recevoir des conseils techniques de proximité et renforcer leurs connaissances en gestion financière. Ils auront également accès à des services de santé de base et à des activités de sensibilisation, notamment en matière de nutrition, d’hygiène et de prévention. Ces services seront aussi accessibles aux membres de leur ménage. Par exemple, un producteur pourra recevoir un appui pour améliorer ses cultures tout en faisant bénéficier sa famille de soins de santé de base au même endroit.
Un investissement partagé et orienté vers les résultats
La DDC et Pharmakina contribuent conjointement au financement du projet. La Suisse soutient principalement des investissements initiaux à fort impact social, tels que les infrastructures, les équipements et les formations destinés aux producteurs, tandis que Pharmakina prend en charge le fonctionnement des activités sur le long terme. Une partie de la contribution de la DDC sera versée progressivement, en fonction de résultats concrets, comme la mise en service des centres de collecte et l’amélioration des revenus des producteurs.
Dans un contexte fragile, marqué par l’insécurité, des coûts élevés et un secteur privé encore peu développé, ce type de partenariat comporte des défis importants. L’ancrage de longue date de Pharmakina dans la région représente toutefois une opportunité : en intégrant des objectifs de développement dans les activités d’une entreprise appelée à poursuivre ses opérations au-delà du projet, le partenariat peut inscrire les résultats dans la durée. Il contribue ainsi à renforcer les revenus des producteurs, à consolider une filière importante pour l’économie locale du Sud-Kivu et à soutenir la production de quinine utilisée contre le paludisme. Il montre également comment la coopération internationale et le secteur privé peuvent unir leurs compétences pour créer des perspectives économiques durables dans un contexte fragile.
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