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title: "Sandrine Pelletier et Jean-Luc Verna présentent Rêver platine au Liban et au Caire; violences sociales et transformation de la matière"
sdDatePublished: "2026-09-02T14:37:00Z"
source: "https://www.mbac.ch/h-content/uploads/2026/09/Dossier-de-presse_MBAC_PELLETIER_VERNA_BODENMANN_2026.pdf"
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  - "Lausanne"
  - "Neuchâtel"
  - "Île-de-France"
  - "Egypt"
  - "Lebanon"
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Sandrine Pelletier et Jean-Luc Verna présentent Rêver platine au Liban et au Caire; violences sociales et transformation de la matière

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RÊVER PLATINE
SANDRINE PELLETIER
JEAN-LUC VERNA
Sandrine Pelletier, Rêver Platine, 2026
© Gaspard Gigon

Rêver platine est une double exposition de Jean-Luc
Verna et Sandrine Pelletier. Ces deux artistes, bien
qu'ils n'aient jamais travaillé ensemble, partagent une
même indignation face à la violence du monde. Tous
deux ont une manière propre de transformer la colère, la
révolte et la fragilité en langage plastique. Mais, ni l'un
ni l'autre ne choisit la dénonciation frontale. Leurs
œuvres empruntent d'autres voies comme la poésie
pour Sandrine et les textes de chansons new wave pour
Jean-Luc, la métamorphose, la beauté et la laideur.
Chez Jean-Luc Verna comme chez Sandrine Pelletier, les
matériaux portent les marques du temps et de l'épreuve.
Le papier jauni et les couleurs mortes des dessins de
Verna, les surfaces brûlées, frappées ou altérées de Pel-
letier donnent à voir des matières vulnérables, traver-
sées par l'usure, la blessure et la mort.
Les oiseaux, les étoiles ou les figures dessinées par
Verna, sous leur apparente douceur n'en demeurent pas
moins dérangeants, ils interrogent le regard porté sur
les corps, les normes de genre, les mécanismes d'exclu-
sion ou la montée des idéologies extrêmes. Les sculp-
tures et installations de Pelletier inscrivent dans la ma-
tière les traces des violences sociales et politiques.
Sans illustrer directement les crises de notre époque,
leurs œuvres en révèlent les symptômes. Ce sont les vi-
cissitudes de la vie qui constituent le ferment de leurs
pratiques artistiques.
SANDRINE
PELLETIER
Il y a des jours où on s'en branle de la poésie,
2025, pierre indienne gravée, © Pierre Vogel

Sandrine Pelletier brûle, brise, éprouve la matière. Elle
confronte le bois, le métal et le verre, au feu, à l'acide, à
l'accident. Pourtant, elle ne détruit pas, elle altère, ra-
joute par des procédés brutaux de la délicatesse aux
matériaux. Ses œuvres présentent des paysages après
le choc et des mots acérés sur nos réalités contempo-
raines.
Artiste lausannoise, Sandrine Pelletier a vécu au Liban
et au Caire. Depuis 2012, ses expériences dans ces ter-
ritoires traversés par les bouleversements, les destruc-
tions et les renouveaux ont profondément marqué son
travail. Elle façonne une œuvre attentive aux vestiges
qui persistent malgré la ruine. Alors, si plus sombre est
la nuit, plus nécessaire est la trace. Et même lorsque la
matière se consume et se noircit, les roses et la lumière
demeurent dans l’œuvre de Sandrine Pelletier.
Née en 1976, Sandrine Pelletier vit et travaille entre Le
Caire et Lausanne.

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Quelques œuvres de
l'exposition

Brèches (détail), 2026, acier et grisaille sur
verre de cathédrale, © Pierre Vogel
Série PREDATOR, de gauche à droite Fog, Si-
lence continues, Thermo Vision, 2026, patine
et laque de carrosserie sur plaque d'argent
© Pierre Vogel

Black Sun, 2025, acide et patine sur laiton et
laque de carrosserie, © Pierre Vogel

Avec Brèches, Sandrine Pelletier reprend la forme du
hérisson tchèque, obstacle militaire conçu pour ralen-
tir l'avancée des chars pendant la Seconde Guerre mon-
diale. Toujours présent dans certaines zones de conflit
au Liban, il est ici associé à la délicatesse du verre souf-
flé. Les éléments en verre sont ornés de motifs inspirés
des herbiers exotiques peints à la grisaille, reprodui-
sant les vitraux détruit du Palais Sursock, gravement
endommagé lors de l'explosion du port de Beyrouth en
2020. Brèches évoque autant les fractures laissées par
la guerre que les ouvertures d'où peuvent surgir le re-
nouveau, à l'image de la nature qui reprend possession
des lieux meurtris.
Sandrine Pelletier s’inspire du film de science-fiction
PREDATOR, sorti en 1987. L’action se déroule dans une
jungle tropicale d’Amérique centrale, où un commando
d’élite, envoyé pour une mission militaire, se retrouve
traqué par une créature extraterrestre capable de se
rendre invisible. La forêt devient alors le théâtre d’une
chasse inversée, où les humains deviennent les proies.
Ici Pelletier, reprend des répliques du film et les trans-
pose sur des paysages menaçants.
Avec Black Sun, Sandrine Pelletier revisite l’iconogra-
phie du disque solaire de l’Égypte ancienne, symbole
universel de transformation et de renaissance. Réalisés
en laiton, ces soleils révèlent les propriétés chan-
geantes de la matière à travers un procédé d’alchimie.
L’artiste s’intéresse également à Kemet, « la terre noire
», ancien nom donné à l’Égypte en référence au limon
fertile déposé par la crue du Nil. Associée à l’idée de ré-
génération et de transformation, cette notion entre en
résonance avec sa pratique, où la matière se métamor-
phose pour évoquer les cycles de disparition et de re-
naissance.
Sandrine Pelletier détourne un symbole de la féminité
en une créature hybride. Fondue en bronze, la chaussure
à talon perd toute légèreté et devient un objet ambigu,
où les formes se confondent : le bout du soulier évoque
à la fois l'arrière-train d'un chat et une anatomie mascu-
line, tandis que la queue de l'animal se transforme en
crochet de boucher. Entre attraction et répulsion, hu-
mour et inquiétude, l'œuvre brouille les codes du genre
et interroge les représentations du corps ainsi que les
stéréotypes associés à la féminité.
Feline Instinct, 2026, bronze et patine,
© Pierre Vogel

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BIOGRAPHIE
Portrait de Sandrine Pelletier, 2026
© Pierre Vogel
Expositions – Solo
Show
Née à Lausanne en 1976, Sandrine Pelletier se forme
d’abord aux Arts Appliqués de Vevey, dont elle est diplô-
mée en 1999, avant de poursuivre ses études à l’ECAL, où
elle obtient son diplôme en 2002. Dès l’année suivante,
son travail photographique Wild Boys, une série de por-
traits, est présenté au Centre Georges Pompidou à Pa-
ris.
À partir de 2009-2010, sa pratique connaît une évolu-
tion. Après avoir longtemps travaillé la broderie, l’ar-
tiste élargit son champ d’expérimentation à de nou-
veaux matériaux et techniques. Elle explore leurs
possibilités tout en les confrontant à leurs limites, dans
une démarche où la transformation et la mise à l’épreuve
de la matière occupent une place centrale. Cette ap-
proche trouve notamment une expression spectaculaire
dans 9.5 sur l’échelle de Luther, installation monumen-
tale réalisée en 2017 dans l’église Saint-François de
Lausanne.
Son séjour au Caire en 2012 constitue également une
étape importante dans son parcours. Installée dans la
capitale égyptienne peu après les soulèvements du
Printemps arabe, elle y développe une relation particu-
lière avec les contextes politiques et culturels du
Moyen-Orient, qui nourriront durablement son imagi-
naire et sa pratique.
En 2019, deux résidences viennent prolonger cette ou-
verture vers la région : celle de la Fondation Boghossian
à Bruxelles, puis celle du BAR à Beyrouth. Ces expé-
riences renforcent ses liens avec le Proche et le Moyen-
Orient, devenus des territoires importants dans son
parcours artistique.
2024 Intrure, Aventicum museum, Avenches
2024 Erode, Art Genève
2023 Ô Saisons! MAHN Neuchâtel
2022 Spicilèges, Rosa Turetsky gallery, Geneva
2020 Ferme Asile, Sion, Switzerland
2018 Psyché au Cyclop, Milly-la-Forêt, France. Curator:
François Taillade
2017 Der Einzige Ort, Salle Poma, Pasquart, Biel
2017 Foreign Accent, Castle of Gruyères, Gruyères
2017 9.5 on Luther squale, church of Saint-François,
Lausanne
2015 Opéra de Lausanne, Salon Alice Bailly, Lausanne
2015 Only The Ocean is Pacific, Musée des beaux-arts
du Locle
2014 La Horde, Palexpo - art genève
2014 Masculine Moon, Rosa Turetsky gallery, Geneva
2009 Time To Clown Around, Taché-Levy gallery, Brus-
sels
2009 GoodBye, Pieceunic galerie, Geneva
2009 Pays Extérieurs, Super Window Project, Kyoto
2008 Insekts, Fette’s gallery, Los Angeles
2006 Défi Fantastique, Centre culturel français de Mi-
lan
2006 Angoraphobia, Taché-Levy gallery, Brussels
2005 Damoisie, Frank Elbaz gallery, Paris

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JEAN-LUC VERNA

Déposition 2, 2024, miroir lumineux, photos et dessins
vernis, laque, cheveux synthétiques, marches en bois et
robe de scène créée par Jean-Luc Verna, avec le soutien
de la Fondation des Artistes, Galerie Ceysson & Bene-
tière, Paris, © C.Cauvet
Jean-Luc Verna est de ces artistes pour qui l'art et la vie
ne font qu'un. Son quotidien est une performance, son
corps une sculpture, un champ de bataille, l'air qu'il dé-
place est chargé de tonalités new wave et de glamour
sulfureux. Son œuvre pourtant dépasse sa personne : les
dessins prolifèrent, paysages musicaux, oiseaux d'au-
gure féroce, portraits abimés d'humanité, des installa-
tions évoquent un univers de music-hall. Et si les cieux
de Verna sont constellés de strass, l'étoile qui depuis
trois décennies préside à son destin est noire ou métal-
lique. Verna est aussi un artiste engagé en faveur des
communautés oubliées ou opprimées, en particulier
celle des personnes LGBTQIA+. Son travail d'apparence
grave est conscient des tragédies qui s'enchaînent.
C'est un travail de mémoire, mais qui refuse la gravité,
et qui, comme un poète, se tenant pour battu chante la
victoire en tombant.
Jean-Luc Verna est né en 1966. Il vit et travaille à Paris.
Quelques œuvres de
l'exposition
Past Knight, en souvenir de Half Past Knight de
Bruno Pélassy, 2016, velour javellisé rebrodé de
perles, sequins et strass, Galerie Ceysson & Bene-
tière, Paris, © C.Cauvet
Fée Male, 2016, fonte de bronze et argenture
(baguette magique), collection de l'artiste
Past Knight est un hommage à Bruno Pélassy (1966-
2002), artiste, dessinateur, sculpteur et couturier dis-
paru à 36 ans des suites du SIDA. Jean-Luc Verna con-
voque ici son souvenir à travers le velours et les perles,
matériaux chers à Pélassy. Faisant écho à une œuvre
conçue ensemble, ce rideau de scène évoque autant le
théâtre que le voile du souvenir. Entre apparition et
disparition, il laisse affleurer une mémoire, comme si la
scène continuait d'accueillir l'ombre de l'ami disparu.
Motif récurrent dans l’œuvre de Jean-Luc Verna, la ba-
guette magique apparaît comme l’attribut des chimères
et des figures fantastiques qu’il développe dans ses
dessins. Ici, elle se transforme en poing américain, as-
sociant la promesse de la magie à la nécessité de se dé-
fendre. L’artiste explique que le mot « fairy » (fée), sou-
vent utilisé comme insulte envers les homosexuels est
ici réapproprié et revendiqué. La baguette magique de-
vient une arme poétique et une déclaration politique.

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Vase misère #2, 2013, grès, émail, bronze, pein-
ture, Galerie Ceysson & Benetière, Paris, ©
C.Cauvet

En 2013, Jean-Luc Verna débute une pratique de la cé-
ramique à la HEAD à Genève. Les Vases misère prennent
la forme d'autoportraits sculptés aux allures de gar-
gouilles. Deux mains étirent leurs traits et leur impo-
sent un sourire, comme pour résister à l'usure du temps,
à la vieillesse et à la misère. Rehaussé de rouge à lèvres,
ce rictus évoque parfois celui du Joker. Couronnés de
bouquets de fleurs ou de corbeaux empaillés, ces vi-
sages convoquent le message de la vanité, rappelant
notre inévitable finitude.
BIOGRAPHIE

Portrait de Jean-Luc Verna, 2023
© Erwan Smis
Jean-Luc Verna est né en 1966 à Nice. Artiste plasti-
cien, dessinateur, performeur et enseignant, il déve-
loppe depuis les années 1990 une œuvre singulière dans
laquelle le dessin occupe une place centrale. Formé à la
Villa Arson à Nice, il construit une pratique nourrie
aussi bien par l’histoire de l’art que par la culture punk
et post-punk.
Parallèlement au dessin, Jean-Luc Verna développe une
pratique performative et musicale. Son intérêt pour la
scène, la danse et les cultures underground traverse
l’ensemble de son œuvre et nourrit une réflexion sur les
normes liées au corps, à