Laténium fête ses 25 ans à Neuchâtel; Cargaison romaine révélée au public

SCNE ne.ch 2 0     2 5 1 Préambule P. 2 2 Grand Angle L’archéologie pour imaginer des futurs désirables P. 4 3 Laténium Regards croisés sur un quart de siècle P. 6 4 Les Chiffres en 2025 P. 9 5 Montants engagés en 2025 Au titre de l’encouragement aux activités culturelles et artistiques P. 10 6 Le SCNE en bref P. 30 7 Activités en 2025 du service de la culture P. 32 8 Organisation en 2026 du service de la culture P. 36 9 Panorama n°12 Émergence visuelle — Le regard de Théophile Glauser P. 38 P A N O R A M A N ° 1 2 République et Canton de Neuchâtel Département de la sécurité, de la digitalisation et de la culture (DSDC) SERVICE DE LA CULTURE C 35.4mm D 20.4mm I 4.8mm J 4.2mm A 123.6mm 210 220 230 240 250 260 270 280 290 300 310 320 330 340 350 360 370 380 390 400 410

SCNE ne.ch 2 0     2 5 1 Préambule P. 2 2 Grand Angle L’archéologie pour imaginer des futurs désirables P. 4 3 Laténium Regards croisés sur un quart de siècle P. 6 4 Les Chiffres en 2025 P. 9 5 Montants engagés en 2025 Au titre de l’encouragement aux activités culturelles et artistiques P. 10 6 Le SCNE en bref P. 30 7 Activités en 2025 du service de la culture P. 32 8 Organisation en 2026 du service de la culture P. 36 9 Panorama n°12 Émergence visuelle — Le regard de Théophile Glauser P. 38 map.geo.admin.ch Échelle 1: 50 000 Km 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5 6.0 6.5 7.0 7.5 8.0 8.5 9.0 9.5 10.0 1

Marie-Thérèse Bonadonna, Cheffe du service de la culture Céline Vara, Cheffe du Département de la sécurité, de la digitalisation et de la culture Mesdames, Messieurs, Le Laténium fête ses 25 ans. À l’époque, comme aujourd’hui, l’ambition est grande : celle d’un musée que la science estime et que le public fait sien. Il témoigne de ce que la culture, portée avec exigence et tournée vers la transmission, peut accom- plir. Nous voulons inscrire durablement des savoirs dans les mémoires, qu’ils s’enracinent dans un territoire et rayonnent bien au-delà de nos rives. Pour marquer cet anniversaire, le musée a choisi de faire du passé une boussole. Le passé comme ressource et la mémoire comme point d’appui pour penser ce qui vient : l’archéologie pour imaginer des futurs désirables. C’est cette ambition que les équipes du Laténium ont portée avec talent, dans une programmation à la hauteur de ses 25 ans. Cette posture résonne au-delà du Laténium. Elle est au cœur de ce que le service de la culture s’attache à bâtir pour le canton. En 2025, il a donné corps aux ambitions portées par la LEAC : son règlement d’application prend forme, les nouveaux dispositifs de soutien s’ancrent dans les pratiques, les partenariats avec les communes et les milieux culturels se consolident. Pas à pas, les principes deviennent des leviers et les engagements des réalités. Des futurs désirables, pour la culture et par elle : c’est exactement ce que le Canton est en train de construire. 2027, La Chaux-de-Fonds Capitale culturelle suisse, une LEAC en mouvement, des moyens durablement renforcés pour encourager la création artistique et élargir ses publics : rarement les conditions auront été aussi favorables. La culture neuchâteloise est portée par un dynamisme réel. Ce rapport témoigne de ce qui se bâtit. Il est le portrait d’un service à l’ouvrage, porté par des équipes qui travaillent avec conviction, au cœur de la législature de la culture. Céline Vara, Cheffe du Département de la sécurité, de la digitalisation et de la culture Préambule 1 Mesdames, Messieurs, D’un Panorama à l’autre, le balancier oscille de l’encou- ragement des activités culturelles au patrimoine, témoi- gnant du foisonnement d’activités du service de la culture et de l’engagement exceptionnel de ses collaborateur-ices. Après la LEAC en 2024, le présent numéro offre un coup de projecteur sur les 25 ans du Laténium, un projet qui s’est construit patiemment. D’utopie, le Laténium est devenu une évidence : non seulement une institution scientifique incontournable, mais également un lieu de partage avec les publics. La patience suppose aussi un travail minutieux qui, avant d’éclore, se fait souvent discret. En 2025, pendant que les premiers leviers de la LEAC se mettaient en place et que son règlement d’application était en cours de rédac- tion, d’autres chantiers avançaient en coulisse. Les fouilles de la cargaison romaine ont débuté, menées dans la confi- dentialité pour protéger cette pêche miraculeuse. L’année aura en outre permis d’avancer la construction du CAP, de préparer les festivités jubilaires et de peaufiner le projet de dépôt patrimonial avant son ouverture. En 2026, ce qui germait prend forme : le RELEAC est entré en vigueur, le Portail Culture est en ligne, la décou- verte de la cargaison romaine a été révélée au public avec un écho à l’international, et l’Annuaire des artistes neuchâ- telois-es ouvrira bientôt un répertoire inédit pour les entreprises, les particuliers, les administrations souhaitant solliciter les compétences des artistes neuchâtelois-es. Je souhaite longue vie au Laténium, un musée profon- dément orienté vers ses publics et en perpétuel question- nement sur son rôle au sein de la société et sur la flèche du temps. En témoigne le changement d’adresse inauguré en mars : le musée se trouve désormais à l’« Esplanade de l’Ho- locène », dernière époque de l’histoire de la Terre avant le basculement moderne dans l’Anthropocène. Symbolique- ment, le Laténium se positionne ainsi comme un bastion de préservation du vivant. Marie-Thérèse Bonadonna Cheffe du service de la culture 2 0     2 5 P A N O R A M A N ° 1 2 3 2 SCNE ne.ch

2.3 DU SAVOIR

ET DU RÊVE Sur ces bases scientifiques extrêmement solides, auxquelles contribuent la valeur exemplaire de ses collec- tions pour la préhistoire récente de l’Europe tempérée, le Laténium se conçoit comme un laboratoire d’innovation et de réflexion prospective pour la recherche archéolo- gique. Or si cette ligne programmatique s’est développée de manière particulièrement vigoureuse ces dernières années, elle est inscrite dans l’ADN du musée, ainsi qu’en témoigne le slogan alors très audacieux forgé dès 2001 par son fondateur, Michel Egloff : « le Laténium, c’est du savoir et du rêve ! ». Cette formule manifeste une ambition : celle d’une conjugaison élégante entre la rigueur scientifique et les inspirations de l’imaginaire. Elle s’exprime dans la scéno- graphie du musée, qui invite à la contemplation : le soin accordé à l’esthétique et à la mise en scène des trouvailles est conçu comme un stimulant pour l’attention savante et la curiosité intellectuelle. Aujourd’hui, elle guide la programmation culturelle du musée, pour des rencontres entre arts et sciences, qui servent à croiser les regards sur notre patrimoine et à favoriser ainsi les échanges entre le monde de la recherche et la société civile, dans une démarche inclusive. 2.4 UNE ANNÉE D’ÉVÉNEMENTS FESTIFS Dans la thématique des  futurs désirables , le Laténium a conçu et mis en œuvre un riche programme d’événe- ments pour inviter ses publics à se projeter dans l’avenir. Une exposition photographique en plein air à décou- vrir au fil d’un parcours sonore, des ateliers didactiques, des démonstrations expérimentales, des conférences, des animations culturelles, des spectacles d’arts vivants, des projections de films, un atelier radio participatif, des concerts, une table ronde et des débats citoyens permet- tront de prendre la mesure des inspirations que nous pouvons trouver dans les passés archéologiques afin de renouveler la dynamique de nos représentations du futur. Dans le cadre d’un partenariat public-privé, enfin, la Fondation La Tène prend en charge le développement de nouveaux atouts dans le parc archéologique, avec un coup de jeune pour la place de jeux et ses fameux mammouths, la création d’un espace de biodiversité illus- trant les pratiques agricoles de la Protohistoire, alors que la reconstitution expérimentale d’une maison lacustre d’il y a 3000 ans sera complètement rénovée, et accueil- lera de nouveaux dispositifs scénographiques pour illus- trer la vie quotidienne à l’âge du Bronze. 2.5 DU RAYONNEMENT INTERNATIONAL

À L’ANCRAGE RÉGIONAL Le Laténium, qui est le plus grand musée archéolo- gique de Suisse, fait l’objet d’un soutien appréciable de la Confédération, par le biais d’une subvention versée depuis 2018 pour son rôle dans le rayonnement de l’archéologie nationale. Quant à la reconnaissance internationale, qui avait été sanctionnée dès 2003 par l’illustre Prix du musée européen , celle-ci a été renforcée par son rôle comme Centre d’interprétation des Palafittes du pourtour alpin inscrits au Patrimoine mondial depuis 2011. Elle se fonde désormais sur l’excellence scientifique et le caractère innovant des approches défendues par le Laténium. Et elle est constamment renouvelée, à travers de nouvelles collaborations étrangères et l’intégration du musée dans de prestigieux réseaux internationaux, qui consacrent son statut à l’échelle européenne. Ces succès démontrent la pertinence du concept d’origine – un écosystème fertile, en quelque sorte, qui est soigneusement entretenu, en toute confiance, par les autorités cantonales. Face à toutes ses réussites, l’équipe du Laténium est pourtant bien consciente que son atout décisif réside dans l’attachement profond et durable des Neuchâteloises et des Neuchâtelois pour leur patrimoine archéologique. Cette solidité de l’ancrage régional du musée a d’ailleurs préci- sément été saluée par l’Union internationale des sciences préhistoriques, lorsqu’en récompense de son engagement dans la Cité et de ses actions pour un échange réflexif entre passé et présent , elle a décerné au Laténium, à Bruxelles, en 2018, sa Médaille de la médiation archéologique. Marc-Antoine Kaeser Directeur du Laténium Chef d’office Le Laténium fête cette année son 25e anniversaire. Depuis son inauguration le 7 septembre 2001, le musée cantonal d’archéologie de Neuchâtel, qui assure la conservation de plus de 540'000 objets, a présenté une trentaine d’expositions, visitées par près d’un million de visiteurs. Pour marquer son premier quart de siècle, ses responsables actuels ont choisi d’éviter la forme un peu passéiste de célébrations proprement commémoratives. En s’inspirant d’une remarque de son futur fondateur, le professeur Michel Egloff, qui annonçait en 1995 qu’il s’agirait d’un  musée de rétrofiction , le Laténium a inscrit la programmation de cet anniversaire dans la thématique des  futurs désirables . Pour l’équipe du musée, l’archéo- logie constitue en effet une ressource précieuse pour s’arracher aux ornières du présent et imaginer, ensemble, un avenir fécond. 2.1 UN PROJET CONSACRÉ PAR UN

PUISSANT SOUTIEN POPULAIRE Dès les années 1970, l’ancien musée cantonal, au centre-ville de Neuchâtel, révèle ses limites. Aux collec- tions de référence conservées depuis les explorations pionnières du 19e siècle viennent peu à peu s’ajouter, dans des dépôts surencombrés, les découvertes fantastiques qui se multiplient sur les grands chantiers archéologiques financés par la Confédération sur le tracé de l’autoroute A5. En 1979, une motion est adoptée au Grand Conseil pour la construction d’un nouveau musée. Un concours interna- tional retient le projet d’un collectif de jeunes architectes genevois, qui doit prendre place sur les rives du lac, sur le site d’Hauterive / Champréveyres. Au fil des aléas de la vie politique, ce projet affrontera des écueils et des reports, que ses promoteurs mettront systématiquement à profit pour peaufiner leurs intentions, et pour se confronter aux attentes de la population neuchâteloise. En 1996, le futur nouveau musée est soumis à un référendum obligatoire, qui tournera à un véritable plébiscite. Soutenu par l’en- semble des partis politiques, le projet transcende en effet les divisions cantonales, et emporte 66% de votes favo- r