Nirwan Obrecht dirigeait 70 personnes à Zurich après deux ans dans l’Armée suisse; promu premier-lieutenant à 20 ans
Diriger 70 personnes à l’âge de 20 ans: deux ans à l’armée qui changent une vie
Informations Publié le 4 septembre 2026
Diriger 70 personnes à l’âge de 20 ans: deux ans à l’armée qui changent une vie
À son âge, d’autres voyagent, commencent des études ou profitent de leur liberté après la maturité. Nirwan Obrecht a choisi une autre voie: ce Zurichois de 20 ans a passé près de deux ans d’une seule traite au sein de l’Armée suisse. Lui qui voulait simplement accomplir son service militaire est devenu premier-lieutenant et a dirigé plus de 70 personnes. Aujourd’hui, il affirme: «C’était l’une des meilleures décisions de ma vie.»
Texte: Communication Défense, Mathias Müller
Rien de tout cela n’était prévu. À l’école cantonale Zürcher Unterland, Nirwan Obrecht avait choisi l’option musique. Il jouait du piano, chantait et pratiquait les arts martiaux. À l’origine, il voulait rester simple soldat. Puis l’occasion de grader s’est présentée. Obrecht a relevé le défi, en devenant sergent, puis officier.
La suite a été bien plus qu’une instruction militaire. Obrecht et ses hommes ont soutenu les grenadiers lors d’exercices, ont été engagés pendant la Coupe du monde de ski et ont collaboré avec la police durant le Forum économique mondial à Davos. Mais surtout, le jeune officier a appris à assumer la responsabilité qu’implique la prise de décisions qui touchent aussi les autres.
Avoir le courage de décider
À seulement 20 ans, il a parfois dirigé plus de 70 personnes. Ses décisions avaient des conséquences pour toute une section. «Je dois simplement agir, essayer, prendre une décision, en voir les conséquences, puis analyser tout cela», explique-t-il à propos de l’une des leçons les plus importantes qu’il a tirées de cette expérience. Ce courage de décider lui sera également utile plus tard dans la vie civile.
L’empathie plutôt que la sévérité
Obrecht ne correspond pas au cliché de l’officier autoritaire. Fraîchement promu lieutenant, il pensait d’abord devoir se montrer sévère. Il a vite compris que cela ne lui correspondait pas. Ses forces résident dans l’empathie, l’accessibilité et l’authenticité. Il a compris que le respect ne naît pas forcément d’une forme de distance.
S’il fallait encore nettoyer la halle des chars après un long engagement, Obrecht prenait lui aussi le balai : conduire par l’exemple plutôt que par le grade. En parallèle, il s’efforçait de faire de sa section une communauté. Chacun devait se sentir traité de la même manière et savoir que sa contribution comptait. L’écoute, la patience et l’honnêteté sont devenues ses instruments de conduite.
Les périodes difficiles sont aussi riches d’enseignements
Ces deux années n’ont pas été faciles. Il y a eu des journées avec deux ou trois heures de sommeil, des périodes sous pression constante et des moments où il n’en pouvait plus. Mais c’est précisément là que résidait, pour Obrecht, la valeur de cette période. Le soir, il se demandait: qu’est-ce qui s’est bien ou moins bien passé et que puis-je améliorer demain?
Nirwan Obrecht a pu découvrir très tôt ce que beaucoup n’apprennent que plus tard : on ne conduit pas des personnes uniquement en leur donnant des ordres. Il faut les écouter, leur faire confiance, prendre des décisions – et être prêt à se remettre soi-même en question.
Obrecht effectuera maintenant un stage en Inde, puis commencera des études en économie d’entreprise à l’Université de Saint-Gall. Cette transition est particulière, explique-t-il. Pendant près de deux ans, il s’est identifié à son uniforme et à son rôle d’officier. Il repart désormais de zéro dans la vie civile.
Mais il emporte avec lui quelque chose de précieux: l’expérience d’avoir assumé des responsabilités, commis des erreurs, dirigé des personnes – et appris chaque jour quelque chose sur lui-même.
Son conseil aux autres jeunes: suivez votre voie en restant ouverts à de nouvelles expériences. Car on peut simplement laisser le temps passer ou l’utiliser pour grandir.
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