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title: "Baron de Saint-Fursy tente secrètement de séduire Mariette au château d'Alençon; identité révélée: Mariette est Cécile Aubry"
sdDatePublished: "2026-09-11T13:18:00Z"
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Baron de Saint-Fursy tente secrètement de séduire Mariette au château d'Alençon; identité révélée: Mariette est Cécile Aubry

Examens cantonaux d'admission dans les filières de maturités du secondaire 2 pour élèves issus d'écoles privées ou scolarisés à domicile - Session 2026 - Français

DÉPARTEMENT DE LA FORMATION
ET DES FINANCES
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ET DE L'ORIENTATION

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 EXAMENS CANTONAUX D’ADMISSION
DANS LES FILIÈRES DE MATURITÉS DU SECONDAIRE 2
POUR ÉLÈVES ISSU∙E∙S D’ÉCOLES PRIVÉES OU SCOLARISÉ∙E∙S À DOMICILE
SESSION 2026
FRANÇAIS – durée : 90 minutes

Nom et prénom :
Date de naissance :

Consignes spécifiques
Partie 1 : Lisez attentivement l’extrait textuel qui vous est proposé, puis répondez
aux questions.
Partie 2 : Rédigez un texte argumentatif en respectant les points énumérés en
page 12.

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Le séducteur d’Alençon

Partie 1 : Compréhension de l’écrit – Texte

Le baron de Saint-Fursy, surnommé le Coq de bruyère, est resté un grand séducteur. Avec
son épouse Mathilde, ils vivent dans un château à Alençon. Récemment, Eugénie, leur
bonne, a dû s’absenter pour venir en aide à sa sœur qui a une nouvelle fois accouché.
C’est donc sa cousine Mariette, une jeune paysanne de 25 ans, qui est venue la remplacer
momentanément. Le baron souhaite profiter de cette opportunité et met tout en place
pour la séduire…

Les semaines qui suivirent, le baron exploita adroitement ce premier et facile
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succès que le hasard lui avait offert. La tâche lui était d'autant plus aisée que
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Mariette, traitée avec une espèce d'horreur sacrée par la baronne, constamment
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menacée d'un retour d'Eugénie, n'avait que lui comme refuge. Sans doute la
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baronne eût-elle été mieux inspirée en ne rejetant pas totalement la jeune fille du
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côté de son mari, et peut-être s'en rendait-elle compte. Mais ses sentiments l'égard
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de « cette petite traînée » parlaient trop fort pour qu'elle pût songer à faire preuve
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d'un peu de psychologie.
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Le Coq de bruyère en revanche gardait assez de sang-froid pour ménager au
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moins les apparences. Évidemment Mariette mettait souvent beaucoup plus de
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temps qu'il n'en aurait fallu pour faire les courses, et comme par hasard le baron
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s'absentait toujours en même temps qu'elle. Mais ses avances demeuraient
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cependant discrètes, quand elles n'éclataient pas aux yeux de sa femme comme
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des bombes à retardement. C'est ainsi qu'il avait mené la jeune campagnarde chez
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Roger, le seul coiffeur esthéticien de la région, avec un modèle, la photo de la
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célèbre comédienne Cécile Aubry. La baronne fut suffoquée quand elle vit
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débarquer chez elle cette créature de rêve, manucurée, maquillée, coiffée et
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laquée, et elle comprit immédiatement qui avait été le deus ex machina de cette
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métamorphose.
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Elle résolut pourtant un jour de rassembler assez de sagesse et de patience pour
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avoir un entretien sérieux et affectueux avec son mari. Le meilleur moment, ce serait
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après le dîner, lorsque Mariette après un bref « Bonsoir M'sieur Dame » se serait
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éclipsée. Elle attendit donc que la porte se fût refermée au premier étage, et ouvrit
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la bouche pour attaquer le baron qui lisait son journal assis en face d'elle, ses
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maigres cuisses nerveusement croisées. C'est alors qu'une musique de jazz
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endiablée jaillit de la chambre de Mariette et envahit toute la maison.
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-
Qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama la baronne.
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-
Du jazz Nouvelle-Orléans, répondit le baron sans lever les yeux de son journal.
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Plaît-il ?
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-
New Orleans, si vous préférez, prononça-t-il avec le meilleur accent d'Oxford.
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-
C'est encore une de vos inventions ?
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-
Croyez-vous que cette petite ait besoin de moi pour se procurer un
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électrophone et des disques ? C'est plus de son âge que du mien.
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-
Oui, je le crois ! éclata-t-elle. De vous ou de votre argent. Ah non vraiment, je
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n'en peux plus, je n'en peux plus, répétait-elle en quittant la pièce, un mouchoir
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pressé sur ses lèvres.
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Le baron laissa un moment s'écouler en mordillant sa moustache. Puis il se leva à
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son tour et fit un pas en direction de la chambre de sa femme. Il lui devait bien cela.
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C'était son épouse. Le prêtre qui les avait mariés la lui avait confiée pour la vie. Il
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s'arrêta cependant et fit deux pas du côté où venait la musique. Mariette Cécile
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Aubry, confondues dans une même personne. Il revint à son fauteuil. Se rassit.
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Ramassa son journal. La musique redoubla d'entrain. Ce magnétophone, ces
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disques qu'ils avaient choisis ensemble. Vraiment cette musique était-elle faite pour
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être écoutée seule dans une chambre de célibataire ? Il jeta son journal. Se leva.
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Puis d'un pas rageur, il décrocha son chapeau, lança sa cape de loden sur ses
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épaules et sortit en faisant lourdement retomber le portail pour que nul n'en ignore.
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Pourquoi le Coq de bruyère avait-il finalement choisi la fuite ? Certes, il avait
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mieux que des principes, le sens aigu de l'élégant et de l'inélégant, et tromper la
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baronne sous son propre toit, presque en sa présence, cela cadrait mal avec
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l'honneur qui constituait la moitié de la devise du 1er chasseurs, Honneur et Patrie. Et
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cependant il l'avait déjà fait, oui, il lui était arrivé de pousser les amours ancillaires1
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jusque sous les combles de sa propre maison. Donc il y avait autre chose encore, et
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c'était le sentiment tout nouveau pour lui qu'il s'agissait avec Mariette d'une
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aventurette plus grave que les autres, le pressentiment assez pathétique d'une
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conclusion, d'un final, d'une sorte de révérence qu'il ne fallait rater à aucun prix. Il
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convenait donc de ne rien précipiter, d'avoir le courage, l'application, le tact
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qu'exigeait la sortie en beauté d'un homme qui avait été toute sa vie un grand
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séduit beaucoup plus qu'un vulgaire séducteur.
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La baronne au contraire était décidée à agir avec toute l'assurance que lui
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donnait la conscience de son droit coïncidant avec le bien de tous. Car elle s'était
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formé au sujet de Mariette une théorie selon laquelle cette innocente et un peu
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sotte campagnarde était en train de se laisser gravement et rapidement pervertir
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par les séductions empoisonnées de la ville. Elle n'en voulait pour preuve que les
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métamorphoses de la jeune fille qui avait évolué en peu de jours dans le sens du
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plus mauvais genre.
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Pourtant Mariette restait toujours parfaitement soumise et respectueuse à l'égard
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de la baronne, et elle ne fit aucune objection quand celle-ci lui apprit sa décision
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de la renvoyer à Pré-en-Pail sans attendre le retour d'Eugénie.
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-
Mais vous savez, Mariette, ajouta-t-elle adoucie par une victoire aussi
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complète, je vous reste très reconnaissante d'être venue à mon secours pendant
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qu’Eugénie aidait votre maman. Seulement voyez-vous, je crois que le climat de la
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1 Relations amoureuses entre une servante et son employeur.

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ville ne vous vaut rien. Chacun à sa place, n'est-ce pas ? Quand on est né à la
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campagne, il est préférable d'y rester.
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-
Pour sûr, balbutia Mariette en se dandinant.
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-
Qu'est-ce que vous comptez faire à Pré-en-Pail ? demanda encore la
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baronne avec indifférence.
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-
Ben dame ! Traire les vaches, butter les haricots, arracher les pommes de terre,
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puisque je suis une paysanne.
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Le baron qui venait d'entrer jugea que les deux femmes allaient tout de même
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un peu loin, chacune dans sa partie.
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-
J'espère, Mariette, ajouta-t-il sur un ton de légèreté mondaine, que vous savez
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aussi mener la charrue et abattre les arbres ?
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-
Guillaume, vous n'êtes pas drôle, trancha la baronne.
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Mais avant de la quitter, elle offrit à Mariette un hochet pour son petit frère et une
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croix de Marie avec une chaînette pour elle-même. Elle tint à la conduire en
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personne à la gare et à la voir monter dans son wagon, cependant que le baron
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avait sorti sa vieille Panhard2 pour aller voir un cheval aux haras de Carrouges.
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Au premier arrêt du train, en gare de Saint-Denis-sur-Sarthon, Mariette descendit
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avec sa valise. La vieille Panhard du baron était stationnée devant la sortie. Il y eut
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des rires et des embrassades. Puis on reprit la route d'Alençon. Le baron installa sa
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petite amie dans une coquette garçonnière qu'il venait de louer boulevard du
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1er-Chasseurs.
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Suivirent trois jours d'euphorie, fragile et légère passerelle jetée sur des abîmes de
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malentendus. Car tandis que la baronne ne cessait de se féliciter d'avoir si bien
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réussi à expédier Mariette, le baron planait dans la joie de l'avoir fait revenir. À la
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longue, pourtant, l'air de bonheur dont il rayonnait finit par intriguer la baronne. Il
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avait beau fixer son esprit sur des idées noires pour assombrir son visage, inventer
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des succès hippiques pour justifier les jaillissements de bonne humeur qui lui
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échappaient malgré lui, la baronne se mit en quête du pot aux roses. Le retour
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d'Eugénie acheva de la convaincre que l'affaire Mariette n'était pas aussi terminée
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qu'elle l'avait cru, car Eugénie ouvrit des yeux ronds en entendant parler du retour
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de sa nièce à Pré-en-Pail. Non, la jeune fille n'avait pas reparu depuis dix jours au
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village. Où était-elle donc ? Les airs guillerets du baron répondaient à la question.
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Au demeurant, un personnage aussi connu que le baron de Saint-Fursy n'aurait pu
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dissimuler longtemps sa seconde vie à la petite société alençonnaise. Le bruit se
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répandit lentement mais sûrement qu'il entretenait une jeunesse dans un coquet
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nid d'amour. On l'aimait bien. Il était en tout cas plus populaire que la baronne,
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jugée fière et intéressée. Il eut droit à une indulgence sympathique et amusée. La
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baronne se sentit bientôt en revanche entourée d'un cercle de bien-pensants dont
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les mines scandalisées et les propos apitoyés la blessaient cruellement. Le baron
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2 Marque d’une ancienne voiture.

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n'en était pas à sa première incartade. Mais c'était la première fois qu'il s'installait
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ouvertement dans l'adultère.
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Bien entendu, la baronne s'ouvrit de ses malheurs à son directeur de conscience.
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À nouveau l'abbé Doucet lui conseilla la résignation. Il fallait tenir compte de l'âge
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du baron. Il arrivait au stade où les passions sont d'autant plus impérieuses qu'il leur
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reste peu de temps pour s'épanouir. Cette flambée était plus vive que les autres
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parce que ce serait sans doute la dernière. Le fait même que le coupable perdit
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pour la première fois toute mesure prouvait bien qu'il subissait l'ultime assaut du
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Diable. Très vite viendrait le temps de la calme et sereine lumière du grand âge.
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-
Fermez les yeux, répétait l'abbé comme une litanie. Fermez les yeux. Quand
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vous les rouvrirez, l'orage sera passé !
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Fermer les yeux ? Le conseil révoltait la conscience et l'orgueil de la baronne qui
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y voyait à la fois une complaisance et une humiliation. Et comment supporter
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l'hypocrisie lénifiante qui se coagulait autour d'elle chaque fois qu'elle se mêlait à la
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bourgeoisie alençonnaise ? Elle songea un moment à partir. Elle possédait une
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vieille villa marine à Donville. Pourquoi n'irait-elle pas y passer la belle saison en
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laissant sa demeure alençonnaise à la garde d'Eugénie ? Mais dans cette solution
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aussi, elle trouvait de la démission, de la déroute, un abandon de poste. Non, elle
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resterait, et en dépit des exhortations de l'abbé, elle garderait les yeux grands
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ouverts sur la vérité, aussi cruelle fût-elle.
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